Booster la créativité par des exemples bien choisis
C’est avec cette question en tête que nous avons voulu testé un échauffement créatif en amont de nos ateliers C-K. Pour le mettre au point, nous nous sommes basés sur les résultats de Marine Agogué et Mathieu Cassoti, présentés au séminaire sur les théories de la conception à l’Ecole des Mines de Paris en janvier dernier. Ceux-ci partaient du constat que montrer des exemples peut stimuler la créativité mais aussi renforcer l’effet de fixation, en empêchant l’esprit d’aller chercher des solutions dans d’autres catégories. A l’aide d’une série d’expériences où ils demandent à différents publics de donner des solutions à un même problème, les chercheurs classent les solutions données comme étant des solutions restrictives (celles auxquelles tout le monde pense en premier) et les solutions expansives (celles que peu de personnes vont donner). En donnant des exemples de solutions avant de poser le problème, les chercheurs ont pu établir que quand on donne un exemple expansif, les solutions sont plus souvent originales elles aussi, même si elles ne sont pas liées à l’exemple donné. Quand l’exemple est restrictif, l’effet de fixation est maximum et le résultat est même inférieur au cas où aucun exemple n’est donné.
Utiliser des exemples expansifs en entreprise
Dans le cadre de notre activité de recherche pour l’utilisation de la théorie C-K dans le cadre de PME, nous avons choisi de tester ces résultats au travers de nos séminaires de conception innovante. Nous avons voulu pousser l’exercice plus loin en ne se contentant pas d’amener un exemple nous-mêmes. Notre but était de faire trouver aux participants les exemples expansifs qui favoriseraient la créativité au cours du séminaire. Nous leur avons donc proposé de trouver des exemples de produits surprenants dans des domaines connexes au sujet que nous abordions avant le début du séminaire.
Dans l’un des cas, les participants devaient trouver des produits qui leur semblaient innovants ou surprenants et devaient les présenter en début de séminaire. Toutes sortes de réponses ont été données. Certains ont trouvé des produits originaux, d’autres des produits pratiques ou étonnants. La plupart ont décliné des produits qu’ils utilisaient hors de leur activité professionnelle, ou dont leurs proches leur avaient parlé.
Au moment de se lancer dans l’atelier C-K, les différents produits qui avaient été données ont permis de répartir les concepts selon des thèmes à explorer. Les participants ont tout de suite pu rebondir sur ces idées et partir dans des voies très diverses en suivant la structuration du raisonnement C-K. Un d’eux décrit l’expérience comme « un exercice original très intéressant et également très stimulant, une expérience à reproduire ». Au final, l’exercice allié à la théorie C-K a permis d’explorer des champs d’innovation beaucoup plus variés et totalement différents de ceux auxquels les participants s’attendaient. Au-delà de ça, l’échauffement permet réellement aux participants d’être tout de suite productifs et plus ouverts sur la méthode utilisée.
La créativité pour renforcer un raisonnement C-K
Mettre la méthode C-K à la portée des PME en un nombre restreint d’ateliers est un point crucial de notre recherche. Ces séances doivent donc être particulièrement productives en termes de créativité. Intégré comme échauffement dans le processus C-K, la méthode de l’exemple expansif améliore sensiblement la qualité du processus et l’efficacité des participants de l’entreprise. En conclusion, la méthode C-K pratiquée sous le pilotage d’un expert rentre réellement dans la catégorie des outils de créativité.

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